Home / Avis professionnel / N° 9 — Éric Larouche vous présente : la mauvaise réputation des recruteurs est-elle méritée?

N° 9 — Éric Larouche vous présente : la mauvaise réputation des recruteurs est-elle méritée?

« Ah! the Generals! They are numerous, but not good for much! »: Aristophanes

Cette célèbre phrase du poète grec Aristophane est absolument d’actualité quand nous parlons du marché du recrutement à Montréal.

Il n’est un secret pour personne que, dans l’industrie du recrutement, en agence de placement comme entreprise, nous avons mauvaise réputation auprès des chercheurs d’emplois. Mais pourquoi au juste? Question de compétences ou de contextes?

6— Recruteurs en agence VS recruteurs corporatifs

Le point commun entre les deux fonctions? Le salaire!

Vous devez comprendre une chose, chers gestionnaires, rappelez-vous que vous êtes des candidats, et non des clients. Le recruteur en agences répond à son patron et aux entreprises qui lui confient des mandats et le recruteur corporatif à son supérieur direct.

Avoir un recruteur RH est une « dépense » qu’il faut rentabiliser. L’agence doit rentabiliser ses opérations et le recruteur corporatif doit engager à l’interne le plus possible pour éviter des coûts additionnels à sa compagnie.

Ceci crée donc un contexte où le processus d’embauche prend une éternité et finit par perdre de son objectivité et de sa qualité.

Vous êtes dans un processus de ce genre et vous n’avez aucune idée de ce qui se passe concrètement? Dites-vous que les deux autres paliers non plus…

*La faute des ressources humaines? OUI✔

5— Les départements RH corporatifs « père Noël »

Certaines entreprises distribuent allègrement les mandats. De la business? Peut-être pas.

Je connais personnellement du personnel RH corporatif qui pour UN (1) seul mandat d’embauche va avoir une dizaine d’agences de placement comme « partenaires ».

Un des aspects négatifs clé de ceci est que les recruteurs en agences finissent par s’en rendre compte… et qu’ils ne travaillent tout simplement plus sur le dossier. Vous pensez que ceci est rarissime? Détrompez-vous! Récemment je me suis fait jouer ce tour, et j’ai coupé les ponts.

La relation de confiance est importante. Imaginez tout le remue-ménage que vous créez, chers partenaires RH, quand vous donnez le même mandat à une dizaine de firmes! Les candidats sont promenés de tout bord, de tout côté; et plus personne ne vous prend au sérieux. Vous perdez ainsi l’appui de partenaires avec qui vous auriez pu développer une relation long terme. Des échecs retentissants et quasi sûrs.

*La faute des ressources humaines? OUI✔

4— Les recruteurs de la multitude

Il existe beaucoup d’agences de placement à Montréal, car il y a beaucoup de business. Mais combien des mandats un recruteur peut-il avoir à combler en même temps et toujours être toujours efficace? 5, 10 ou 15? Dans le métier, nous disons qu’un « high-performer » en recrutement comble 40 % des mandats obtenus dans son année. Or, la plupart des agences ne possèdent pas d’idée précise sur ce chiffre, et encore moins; font les suivis sur ce point. La réalité est que beaucoup de recruteurs ont entre 15 à 30 mandats d’emplois différents à combler… ce qui est impossible à gérer de manière professionnelle et efficace. Entendons-nous, 15 est entièrement faisable pour un professionnel, mais ne venez jamais me dire qu’un débutant sans expérience de travail peut gérer 30 mandats…

*La faute aux ressources humaines? OUI ✔

3— Les ressources humaines (RH) et le recrutement : vraiment?

La théorie est la suivante : le recrutement est une industrie d’échéance et de pression, et peu importe ce qu’on peut en penser. Les dates butoirs ne sont pas dans la nature d’un professionnel des ressources humaines et encore moins l’idée de « courir » pour trouver la bonne personne.

Le recrutement est une industrie à cycle comme les ventes. Il existe une pléiade de facteurs pour ralentir et empoisonner un processus d’embauche qui devrait être efficace. Or, l’industrie du recrutement est tout sauf efficace présentement.

Un département de ressources humaines est structuré pour mener à bien plusieurs tâches, mais la dotation (recrutement) n’est certes pas adaptée à de la chasse de tête. Car il existe une grande différence entre un recruteur et un chasseur de têtes…

*La faute des ressources humaines? OUI✔

2— Le profil des recruteurs en agence : le tabou

Il existe l’idée selon laquelle, quelqu’un qui fait un baccalauréat en ressources humaines serait la personne tout indiquée pour prendre un rôle de chasseur de têtes dans une agence. Or, ceci est la chose la plus fausse qui soit.

Un finissant en RH va aller dans une agence pour prendre de l’expérience. Pas pour y mourir. Les taux de rétention d’employés y sont incroyablement bas et même lorsque certains finissent par se démarque et réussir, ils finissent par fonder leurs propres agences (sic) ou par devenir des directeurs de recrutement en grande entreprise.

En tant que personnel RH en milieu corporatif, vous ne devriez jamais confier vos mandats à des débutants. Le problème est que la main-d’œuvre disponible a moins de 2 ans d’expérience et que la plupart n’a aucune expérience de travail à proprement dit.

*La faute des ressources humaines? OUI✔

1— Le recrutement à Montréal : un marché peu compétitif et hautement dilué

À Montréal et ses environs, il existe plus de 500 agences de placement, les agences gouvernementales (OSBL) et les indépendants… C’EST BEAUCOUP TROP!

En ce qui concerne les chiffres absolus, c’est plus qu’à Toronto!

Pour ceux qui aiment le hockey de la ligue nationale, dites-vous que si vous passez d’une ligue de 32 équipes à 64 l’année suivante, votre produit en sera fortement dilué. Le même principe s’applique pour les agences à Montréal. Avec un produit qui est déjà fortement dilué… dur dur de trouver le vrai talent quand on ne s’y connaît pas dans le domaine!

*La faute des ressources humaines? OUI✔

Conclusion :

En terminant, cher candidat(e)s, soyez indulgents avec les recruteur(e)s ou chasseur(e)s de têtes, car le contexte dans lequel ils vivent est souvent plus un frein à leurs succès, et donc aux vôtres, qu’à eux-mêmes.

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